Les ethylotests et la sécurité routière

Les effets de l’alcool sur les accidents de la route

Il est connu qu’alcool et volant ne font pas bon ménage. Néanmoins, il convient de connaître l’influence réelle de l’alcool sur la conduite afin d’évaluer son impact concret sur les accidents de la route.

La première cause de mortalité sur les routes en 2010

L’alcool est effectivement à l’origine de la majorité des accidents routiers mortels en 2010. Cela se traduit par 1200 décès ou, autrement dit, environ 30% des accidents sur la route ayant conduit à la mort d’individus. Ainsi, l’alcool mène à des accidents de manière très fréquente.

Cependant, ce risque dépend beaucoup du taux d’alcoolémie présent dans le sang.

Quel risque en fonction de quelle alcoolémie ?

Pour être plus précis, il convient d’évaluer le risque avec des chiffres concrets et explicites. Ainsi, une personne ayant un taux d’alcoolémie de 0,5g/l voit le risque qu’elle soit confrontée à un accident mortel multiplié par 2. Dès 0,8g/l, le coefficient passe à 10. Enfin, à partir de 1,2 g/l, le risque est multiplié par 35. Ces chiffres sont très révélateurs de l’influence de l’alcool sur le conducteur. Néanmoins, ils doivent être précisés par l’âge et le sexe de l’individu notamment, mais aussi de l’heure à laquelle l’accident est susceptible de se produire. Ainsi, 70% des accidents impliquant la mort d’un conducteur ayant un taux d’alcoolémie non autorisé se déroulent la nuit.
Ce qui explique cette grande influence, c’est l’impact que peut avoir l’alcool sur le cerveau humain.

Les effets de l’alcool sur le cerveau

Que ce soit en grandes ou en petites quantités, l’alcool implique des conséquences non négligeables sur le cerveau. Parmi ces effets, il est possible de citer l’apparition d’une certaine euphorie qui créera une désinhibition plus ou moins forte selon la quantité d’alcool ingérée. De même, l’alcool augmente considérablement le temps de réaction, ce qui est très dangereux en circulation. Des troubles de la vision peuvent apparaître ainsi qu’une perturbation de la coordination des mouvements. Les gestes ne sont plus synchrones et cela conduit à des difficultés à faire face à des situations diverses. Tout cela reflète donc à quel point l’alcool peut être dangereux au volant, et ce, même si le conducteur ne ressent aucun effet.

La méthode « Casier-Delaunois »

Aujourd’hui, les éthylotests sont utilisés suivant une méthode bien précise. Cette méthode se nomme « Casier-Delaunois ». Il convient donc, après avoir brièvement défini le principe, de s’intéresser à son efficacité en terme de précision et de résultats.

Définition

La méthode « Casier-Delaunois » a été légalisée en 1959. Le principe consiste à évaluer le taux d’éthanol le plus rapidement possible après que la réalisation des faits. Autre point important : la méthode prévoit un réajustement du résultat qui doit prendre en compte l’élimination de l’alcool par le métabolisme. Cette élimination est naturelle. Son rythme est évalué approximativement à 0,15g/l pour une durée de 1 heure.

Il est important de savoir néanmoins que cette méthode est de plus en plus controversée et cela s’explique par plusieurs raisons.

Remise en cause de la méthode

Certains spécialistes considèrent aujourd’hui que la méthode « Casier-Delaunois », reconnue comme la seule méthode légale, est désormais obsolète. Pour appuyer cela, certains tests ont été accomplis. Ces tests font apparaître que, pour un même échantillon, des variations de résultats non négligeables apparaissent. Pour être plus précis, le coefficient de variation notable entre ces différents résultats s’élève à hauteur de 4,9 %.

Cependant, il est légitime de se demander si des méthodes plus performantes existent actuellement.

Les alternatives à la méthode « Casier-Delaunois »

Il existe des procédés considérés par certains spécialistes comme étant plus modernes, efficaces et adaptés au contexte actuel. Néanmoins, ces méthodes de sont pas considérées par la législation locale. L’un des principes souvent évoqués repose sur une utilisation mixte de la chromatographie gazeuse et de la spectrométrie de masse. Il faut toutefois préciser que cette méthode implique aussi une marge d’erreur, mais celle-ci est considérée comme étant moins importante que celle de la méthode « Casier-Delaunois ». Les spécialistes considèrent donc que la législation actuelle devrait être mise à jour afin d’inclure ces alternatives.

Les contrôles d’alcoolémie en France

Il existe différents moyens utilisés dans le but d’assurer un contrôle d’alcoolémie. Certains sont plus connus que d’autres, mais ils ont chacun une fonction et un objectif qui leur est propre.

L’alcootest

Il s’agit d’un des moyens de contrôle les plus répandus en France. Il est effectué par l’intermédiaire d’un éthylotest chimique, qui traduit le taux d’alcoolémie par l’intermédiaire d’une indication colorée. Cette coloration est en fait due à une réaction chimique d’oxydation entre l’alcool et le dichromate de potassium (substance présente au sein de l’éthylotest). L’évaluation se fait en fonction de l’air expiré par l’utilisateur.

D’autres éthylotests sont cependant utilisés afin de procéder à des contrôles en France.

L’éthylomètre

Le principe de l’éthylomètre électronique consiste à faire l’analyse de l’air expiré grâce à un détecteur dont la résistivité va osciller en fonction de la quantité d’alcool présente. Parfois, c’est une cellule qui va jouer ce rôle et qui va influer sur les hauteurs d’ondes qui émanent d’un émetteur IR. C’est un moyen de plus en plus employé, car il est réputé comme étant fiable. En effet, il est souvent utilisé en guise de preuve afin que les forces de l’ordre puissent mettre en place les sanctions éventuelles nécessaires en fonction du résultat affiché.

Dans le même ordre d’idée, il existe un autre moyen employé pouvant servir de preuve.

La prise de sang

Lorsque l’éthylotest chimique révèle un résultat positif, le contrôle peut prendre suite avec une prise de sang qui va servir à déterminer le taux de façon extrêmement précise. Ce moyen de contrôle a d’ailleurs une valeur juridique pouvant justifier la mise en place de sanctions adaptées au comportement du contrevenant. Néanmoins, la prise de sang n’intervient jamais en tant que moyen de contrôle initial. En effet, c’est l’éthylotest chimique qui joue le plus souvent ce rôle.